Je vous propose aujourd'hui un texte *un peu long, c'est vrai*, mais qui me tient énormément à coeur. Je vous y raconte un de mes plus beaux souvenirs. Je l'ai rédigé une nuit, j'étais comme attirée par le stylo, et je ne pus me coucher que lorque j'eus fini.
*je m'excuse par avance des fautes d'orthographes ou de frappe dûe à la recopie sur pc*
En relation avec ce texte, je vous propose de regarder la vidéo. C'est une partie d'un mini concert d'AqME, il y a un petit moment déjà dans une FNAC parisienne. Le morceau s'intitule "tout à un détail près".
Petite Herbe sauvage
C'était une fin de journée étrange, les gens semblaient attendre quelquechose, agglutinés les uns contre les autres. Le ciel était gris, les rayons du soleil arrivant à peine à percer. On sentait peut-être quelques gouttes de pluie, ou peut-être pas je ne sais plus. Je ne me souviens pas du temps qu'il faisait ce jour-là, ni des évènements qui s'y était quelques heures auparavent, mais cette fin d'après-midi grisonnante sonne en moi comme le début de tout.
Je me souviens de la lumière étonnante de fin d'été et ce ciel rempli de nuage. Je me rappelle de ces gens qui me sont inconnus et ô combien indifférents.
La sonnerie avait retenti à peine deux minutes auparavant, mais toute ces personnes, comme si elles manquaient d'air, se dirigeaient vers la sortie. Cette marche folle les y amenés le plus rapidement possible. A la seconde même où le « dring » avait retenti ; quoique le mot « dring » ne soit pas très approprié pour décrire le son infame de cette sonnerie qui nous perçait les tympans ; tous les élèves semblaient libérés de toutes contraintes scolaires.
Je me souviens des couloirs, de chacunes des marches à descendre, seule ; où plutôt accompagnée d'une foultitude d'inconnus qui le sont restés à jamais. Mais bien sûr avant d'accéder à la porte de sortie du batiment, et d'enfin atteindre l'air extérieur de la ville ; c'était l'effluve des toilettes qui nous caressait les narines. Ces toilettes ont par la suite été rénovées, mais l'odeur y était toujours.
Dehors l'air glissait doucement sur mon visage, pour une fois notre bien-aimé professeur de Mathématiques nous avait laissé sortir à l'heure, je n'étais donc pas plus pressée que cela.
Il y avait le passage obligé sous l'arbre. Une question me taraude, c'était quelle espèce d'arbre ? Un Hêtre ? C'est dingue de passer devant un arbre pendant 3ans tous les jours, et de n'avoir jamais préter attention à celui-ci ; à part quand il s'était vaillamment revetu d'un beau tampon féminin teinté à l'encre rouge de cartouche pour stylo plume. Certains crièrent au scandale, d'autre à la « blagounette ».
Je reviens donc à ma description, je passais donc rapidement sous cet arbre, qui en ce début d'année n'avait pas été encore garni. Au lieu de prendre la sortie la plus proche qui menait au parking où les parents attendaient patiemment leur progéniture ; je me dirigeais vers le batiment D ; à l'époque où mon père étudiait ici, ce batiment était réservé aux collègiens. Dans cette cour le macadam y était complètement détruit, comme s'il avait été raboté. On marchait sur une espèce d'amas de gros cailloux. J'apercevais déjà la grille. Plus que quelques pas et au delà de la barrière _ ouf ! Journée terminée.
Un oeil au ciel, gris, comme souvent dans notre région. Un oeil au sol, jonché de chewing-gum. Un oeil au loin, un attroupement devant le bus, cela ne pouvait signifier qu'une chose ; le chauffeur n'était pas décidé à faire entrer les lycéens surexcités. « Avant l'heure, c'est pas l'heure ! Et Après l'heure, c'est plus l'heure», ce doit être la devise des chauffeurs de bus que j'ai rencontré. Pendant un instant j'aurais aimé être en train attendre un chat-bus comme dans le film « mon voisin Totoro. »
J'aperçus brièvement Lina et lui demanda si elle avait compris le cour de math que l'on venait de faire. Elle me répondit et je me mis un peu à l'écart.
C'est à ce moment précis, que je la vis. Cette petite fille avec de longs cheveux blonds détachés, qui portait une veste grise qui la rendait encore plus attendrissante.
Ces yeux était d'un bleu pâle malicieux, nos regards se sont croisés. En cet instant, une image de cette fillette me revint, un an auparavant je l'avais remarqué, elle portait un tee-shirt avec un gros coeur rouge imprimé. De retour dans le monde réel, je remarquais qu'elle avait baissé les yeux quand j'avais posé mon regard sur elle, comme pour ne pas me voir. Je crois avoir engagé la discution sur des banalités. Alors ces yeux illuminés d'une sorte de détermination indestructible me contemplèrent, et elle me répondit de sa voix douce. Je sentis un sentiment de bien-être m'envahir.
A peine ces quelques mots échangés que les portes du bus s'ouvrirent.
Elle y entra la première, et je la suivis. Elle s'installa sur une des banquette à notre droite près de la fenêtre, elle mis son sac sur ses genoux ; sans mots, sans regards ce geste signifiait qu'elle espérait grandement que je m'installerais à ces côtés. Bien évidement, avant même ce geste j'avais prévu de m'y imposer.
Nous étions parties pour trois quarts d'heures environ ensemble.
Je me souviens que nous avons échangé nos préférences en matière de musique, nos groupes préférés et notre station de radio fétiche. Je ne pourrais pas retranscrire précisement notre conversation, mais je peux vous décrire, encore aujourd'hui, ce que j'ai ressenti aux côtés de cette jeune fille blonde au visage à la fois ; tracassé et fermé pour je ne sais quelle raison, et lumineux. Cette fille était habité d'un courage, d'une détermination et une rage sans faille. Elle était entière.
Et pour la première fois, je me sentis en paix avec cette personne. Comme si d'être l'une à côté de l'autre avait toujours été, et serait toujours.
Un sentiment d'amusement et de bien-être montait en moi. J'ai dû comprendre à ce moment ce qu'était une vie simple, remplie de ce genre de plaisirs simples.
Ce bus n'existait plus, je me promenais dans une prairie à l'aube, le soleil commençait à peine à percer la noirceur du ciel dans un dégradé rose-orangé magnétique. L'odeur de l'herbe fraîche venait me chatouiller les narines. J'étais au paradis.
Aujourd'hui encore, l'odeur de l'herbe fraîche m'évoque ce souvenir, ainsi que tant d'autres qui se rattachent à des moments que nous avons passés ensemble.
Sans ce moment précieux que nous avons partagé, nos vies ne seraient pas les mêmes.
A la jeune fille blonde, aux lèvres légèrement rosées, et au regard tellement sûr qu'il me donnait confiance en moi, je dis simplement merci. Sans ce moment, nous ne serions peut-être pas les meilleures amies du monde.
Written by Malow
Je dédie tout cet article à une petite fille blonde.